Cours d’organisation et de gestion éducative (Partie 1)

Dans le cadre de la formation « Accueillant(e) d’enfants », vous aurez droit à des cours d’organisation et de gestion éducative où seront abordées les règles relatives à l’organisation dans un milieu d’accueil pour enfants de 0 à 6 ans, et plus précisément le code de qualité de l’accueil et les grandes lignes directrices proposées par l’ONE. Le respect du code de qualité se concrétise par la construction et la mise en oeuvre d’un « projet d’accueil ». La rédaction de celui-ci clôturera la formation d’Accueillant(e) d’enfants.

Le Code de qualité :

En Communauté française, toute personne qui accueille des enfants de 0 à 12 ans se doit de respecter un code de qualité. Celui-ci définit la qualité de l’accueil qu’il est important de respecter au niveau de la loi. Tous les milieux d’accueil doivent se conformer à ce code. Vous pouvez lire l’intégralité de ce texte : Code de qualité ONE – Arrêté du 17 décembre 2003.

Le Code de qualité constitue une base de réflexion commune à tou(te)s les professionnel(le)s de l’enfance afin d’assurer une continuité dans les pratiques d’accueil, avec des objectifs communs. Il fixe également un cadre pour guider l’action professionnelle de manière à assurer à tous les enfants un accueil de qualité. Enfin, le Code de qualité invite à une coordination locale et au développement de synergies entre milieux d’accueil.

Nous allons maintenant parler des grands repères fondamentaux permettant de rédiger le projet d’accueil dans le respect du code de qualité.

1 – Préparer le premier accueil – Phase de familiarisation

L’arrivée d’un nouvel enfant va perturber la structure d’accueil. C’est pourquoi il est important de préparer cette arrivée non seulement pour le nouvel enfant, mais aussi pour les autres enfants, sans oublier l’accueillant(e). Il ne faut pas brusquer cette arrivée. La période de familiarisation est là pour ça. Elle permet de se familiariser avec le milieu d’accueil progressivement (aussi bien avec l’environnement qu’avec l’accueillant(e)).

Le premier accueil doit être préparé quelle que soit la situation : âge de l’enfant, fratrie dans le milieu d’accueil, accueil en urgence, connaissance des parents par ailleurs…

La Garderie des Tout-petits conseille d’y consacrer 3 demi-journées:
– 1er jour : 2 heures avec maman et/ou papa,
– 2ème jour : 1 heure avec maman/papa et 1 heure avec l’accueillant(e) sans les parents,
– 3ème jour : 1 matinée complète sans les parents.
Ensuite, si tout va bien, l’accueil peut commencer pour la journée complète. Cela permet également à l’accueillant(e) de prendre le temps de bien connaître l’enfant (ses habitudes, ses siestes…) et aux parents de se rassurer et de voir comment sera la vie de l’enfant pendant leur absence.

Idéalement, les premières rencontres doivent se faire lorsque l’accueillant(e) sait se rendre disponible. Demandez aux parents de prendre rendez-vous pour venir visiter le milieu pendant les heures d’ouverture.

Le même processus de familiarisation devra être réalisé en cas d’absence prolongée d’un enfant dans le milieu.

2 – Mettre en place et consolider une relation de confiance avec les parents

Chaque enfant est différent et sa famille l’est également. Il faut donc établir une relation privilégiée avec chaque enfant et chaque parent. Il est nécessaire de nouer une relation de confiance avec les parents de la sorte qu’ils soient le plus rassurés possible lorsque l’enfant est chez vous. L’enfant ressent les émotions éprouvées par les parents. Il est donc important qu’il sente que ses parents ont confiance en l’accueillant(e) afin d’avoir à son tour confiance en lui/elle. De plus, cela permettra d’affronter ensemble les éventuels problèmes que l’enfant risque de rencontrer dans le milieu d’accueil.

Cette relation de confiance va s’établir petit à petit : en prenant le temps d’expliquer le projet d’accueil, en dialoguant avec les parents, en posant des questions sur l’enfant, en montrant l’aménagement du milieu d’accueil, en les rassurant… Le rôle de l’accueillant(e) se limitera à des discussions/échanges constructifs avec les parents sur les méthodes de soins et d’éducation. Il ne s’agira nullement de donner des conseils/instructions sur leur manière d’agir avec leur enfant (respect des valeurs).

L’accueillant(e) se doit de rester neutre et de ne pas avoir de préjugé envers l’enfant et ses parents. Chacun a le droit de défendre ses propres valeurs et ne doit pas être jugé. Vous pouvez ne pas partager ces valeurs, mais vous devez les respecter (politique, religieux ou autres). Vous ne pouvez donc « choisir » les enfants que vous allez accueillir, TOUS LES ENFANTS ont droit à un milieu d’accueil « idéal ».

La base de toute relation de confiance est le respect du secret professionnel. Tout ce qui sera dit par l’enfant et par ses parents dans le cadre de l’accueil ne pourra pas en sortir. Exception faite lorsque l’enfant est victime de maltraitance évidemment… En savoir plus sur le secret professionnel.

3 – Gérer les transitions quotidiennes

Chaque séparation vécue par l’enfant est douloureuse. L’enfant aura difficile de se séparer de ses parents le matin, mais aura tout aussi difficile de se séparer de vous le soir ! L’enfant va établir un attachement particulier avec son accueillant(e), il est donc nécessaire de rendre les choses le moins brutal possible.

L’enfant aime les habitudes, il faut garder une certaine constance dans notre manière d’agir avec lui. Les changements le perturbent, l’angoissent. Le déroulement de la journée-type se doit donc toujours d’être le même (arrivée-jeux-dîner-sieste-goûter-jeux-départ).

L’environnement offert à l’enfant à son arrivée doit être rassurant. Tout doit être prêt à son arrivée pour que la séparation se passe bien. Il est important de gérer également la transition avec les parents. Un document de liaison (cahier) peut ainsi être instauré. On y note les observations de la journée qui peuvent s’avérer être des informations importantes pour les parents. Attention toutefois, les communications écrites ne peuvent se substituer aux communications orales. Elles servent uniquement de « pense-bête ».

4 – Accompagner les vécus de la séparation

N’hésitez pas à dialoguer avec l’enfant lorsque le parent est parti. La séparation de l’enfant provoque un sentiment d’abandon, il faut donc le rassurer en lui disant que ses parents vont revenir le chercher le soir, qu’ils l’aiment très fort… Ne vous laissez pas submerger par vos propres émotions, l’enfant ne doit pas sentir que vous paniquez ou ne savez pas quoi faire. Il doit sentir en vous l’assurance et la confiance en le retour de ses parents.

Il peut être intéressant d’avoir une photo des parents que l’enfant peut chercher quand il en a envie. Certain(e)s accueillant(e)s font ainsi des « books famille » (petits livrets) pour chaque enfant. Par ailleurs, il est important d’aider les parents à se représenter la vie de leur enfant pendant leur absence : en donnant quelques anecdotes de ce qu’a fait l’enfant ou de ce qu’il a dit dans la journée, en mettant des photos d’une activité sur un panneau, en affichant le menu…

5 – Aménager la fin du séjour

L’enfant va tisser des liens particuliers avec son accueillant(e) et ces liens ne vont pas se rompre d’un claquement de doigt. Il est donc important de préparer son départ du milieu d’accueil tout autant que son arrivée.

L’enfant va quitter l’accueillant(e) pour commencer sa vie scolaire. Cette transition doit lui être expliquée de diverses manières et à plusieurs reprises. Il faut lui faire comprendre qu’il va aller dans un autre lieu d’accueil, qu’il est devenu grand, qu’il aura d’autres copains… Il faut aussi aborder ce sujet avec les autres enfants du milieu. Un petit repas/goûter particulier peut permettre de marquer le départ de l’enfant aux yeux de tous.

En ce qui concerne l’accueillant(e), la fin d’un accueil ne doit pas être vécu comme une rupture, mais comme un aboutissement. C’est la fin d’un travail d’éducation et d’accompagnement de l’enfant dans son développement. La suite en incombe à d’autres professionnels…

6 – Ajuster l’environnement matériel, l’espace intérieur et extérieur

Les conditions matérielles apportées à l’enfant vont être primordiales en ce qui concerne son vécu dans le milieu d’accueil. Dans cette optique, il est important de respecter certains principes fondamentaux :
– toujours maintenir un contact visuel avec l’enfant. Il doit pouvoir voir que vous restez disponible pour lui s’il en a besoin. Rappel : si vous disparaissez du champ visuel du tout-petit, vous n’existez plus !
– permettre des relations privilégiées avec chaque enfant. Ces moments privilégiés favorisent l’établissement d’un attachement sécurisé.
– offrir à chaque enfant des conditions optimales d’activité (jeux) et de repos, suivant son âge.
– offrir à chaque enfant un coin « refuge » où il peut s’isoler (afin de se ressourcer et de mieux s’investir ensuite dans ses activités).
– lui permettre l’exploration. L’enfant est en pleine découverte du monde extérieur. Il faut donc lui laisser la possibilité d’explorer et de se mouvoir en utilisant tous ses sens.

Le matériel doit être sécurisé, en bon état, diversifié (forme, couleur, taille, poids, texture…), permettre des actions différentes, adaptés à chaque âge de l’enfant.

Faire également attention aux facteurs d’ambiance (musique, environnement visuel…) et gérer les sources de bruit pouvant détourner l’enfant et l’accueillante de leurs activités (gsm…).

L’espace doit être aménagé afin de limiter au maximum les interdits. La décoration doit être adaptée et choisie en évitant tout stéréotype.

7 – Assurer une continuité dans l’accueil

L’enfant a besoin de repères, d’une continuité dans les soins. Il est donc important qu’il soit pris en charge par la même personne et qu’il existe une cohérence des pratiques. L’enfant va ainsi pouvoir anticiper et comprendre ce qui va se passer.

Cela est également valable pour la continuité au niveau des règles de vie. Il est important que les règles établies soient répétées et que les limites/interdits soient toujours les mêmes.

La fréquentation du milieu d’accueil doit être suffisamment régulière, il faut éviter les changements et modifications intempestives de l’accueil.

Le milieu d’accueil doit organiser le temps et l’espace afin que l’enfant ait des moments privilégiés, en groupe et seul. L’accueillant(e) met en place des rituels individualisés compréhensibles pour l’enfant et qui veillent à son bien-être.

La suite de cet article se trouve ici : Cours d’organisation et de gestion éducative (Partie 2)

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