Envie d’offrir des jouets (toxiques) ?

Envie d’offrir des jouets (toxiques) ?

En cette période d’achats pour Noël, je me permets de relayer un excellent article sur les jouets et les substances toxiques qu’ils peuvent contenir. C’est important surtout pour les tout-petits, mais aussi pour les plus grands…


En cette première quinzaine de décembre, il y a de fortes chances pour que vous commenciez à acheter les jouets que vous offrirez pour Noël à vos enfants, vos petits-enfants, vos neveux et nièces…

Or les jouets sont des produits pouvant contenir des composés toxiques et/ou cancérigènes, bien plus fréquemment qu’on ne le croit.

Bizarrement, nous y sommes peu attentifs. C’est un jouet, ça ne se mange pas… ça ne semble pas très grave.

Mais ça l’est.

Les jouets vont dans la bouche, dans le lit, dans le bain…

Les tout-petits mettent leurs jouets dans la bouche. C’est un réflexe, il les suçotent.

De même jusqu’à la puberté les enfants dorment souvent avec leur « doudou », une peluche qu’ils emmènent partout.

Ils adorent jouer dans leur bain avec des jouets qui relâchent des substances nocives au contact de l’eau.

Certains jouets relâchent même simplement dans l’air des composés volatils dangereux. C’est-à-dire que même sans que les enfants jouent avec, leur simple présence est nocive.

Bref, les jouets, qu’ils soient en coton, en bois, ou en plastique ; qu’ils soient peluches, petites voitures ou poupées, sont pour l’immense majorité d’entre eux issus d’une industrie mondiale qui ne lésine pas sur les produits chimiques.

Et ces produits chimiques sont en contact intime avec nos têtes blondes.

Nous revenons de loin, et avons encore du chemin à faire !

Il y a moins de quinze ans, la réglementation sur toutes ces questions était inexistante.

En 2007 est entré en vigueur le règlement REACH qui vise à limiter certaines substances dans des produits fabriqués et/ou vendus sur le territoire de l’Union européenne.

Au rayon jouets pour enfants, ce règlement impose des limites (mais n’interdit pas) aux phtalates, aux parfums de synthèse et aux produits dits « CMR » (cancérogène, mutagène, reprotoxique).

Le 1er janvier 2019, ce règlement a été enrichi de plusieurs catégories supplémentaires de phtalates.

Sur le papier, ça s’améliore.

Mais on est très loin du compte :

  • certaines substances interdites dans d’autres domaines, sont encore autorisées pour les jouets : c’est le cas du bisphénol A, interdit dans les tétines de biberons mais que l’on retrouve régulièrement dans des jouets en plastique et en bois ;
  • de très nombreux jouets contiennent des substances de synthèse, des fibres ou des métaux lourds interdits par l’UE. En 2018, un rapport d’inspection de l’agence européenne des produits chimiques révélait que 20 % des jouets vendus en Europe contiennent des produits interdits ou dépassent de loin les seuils recommandés ! 1 jouet sur 5 : c’est énorme.

Vous vous souvenez peut-être du rappel en masse de produits qui contenaient du plomb : une locomotive Fisher Price et des accessoires « Barbie »… un véhicule « Sergent » de Mattel pour les jouets du dessin animé Cars…

En réalité, on s’en rend compte, la tâche des douaniers est impossible ou presque : comment contrôler et interdire tous les jouets pollués qui nous arrivent par bateaux entiers de Chine ou d’autres pays d’Asie producteurs de jouets ? 

Poupées au phtalates, peluches aux retardateurs de flamme

Voici une liste des principales substances qui posent problème, catégorie par catégorie. Pour chacune d’entre elles je vous donne des conseils pour éviter les substances dangereuses.

Les poupées : le pire !

Je commence par les poupées car, les pauvres, elles peuvent contenir à peu près toutes les substances chimiques à éviter, comme elles sont composées à la fois de plastique, de tissus et d’électronique (poupées qui parlent par exemple)…

Les poupées peuvent contenir ainsi :

  • de l’aniline, du chrome, du formaldéhyde (toxiques, cancérigènes et mutagènes) ;
  • du bisphénol A (perturbateur hormonal, lié à plusieurs cancers) ;
  • du cadmium (cancérigène et toxique par inhalation) ;
  • des composés organo-étain (cancérigènes, perturbateurs hormonaux) ;
  • des phtalates, des paraffines chlorées, du nonylphénol, des produits perfluorés (perturbateurs hormonaux, cancérigènes, toxiques pour la reproduction) ;
  • du plomb (neurotoxique, nuit au développement cérébral) ;
  • des retardateurs de flammes bromés (perturbateur de la thyroïde, persistant)
  • du triclosan (dont je vous ai parlé tout récemment).

La solution de sécurité : choisissez des poupées en tissu ou coton issues de l’agriculture biologique.

Les jouets en bois : riches en COV

Jeux de construction, maisons de poupées, meubles, puzzles : tous ces jouets en bois sont souvent riches en formaldéhyde, un gaz très volatil (et qui, sous sa forme aqueuse, est mieux connu : c’est le formol).

Ce COV (composé organique volatil) est très facilement inhalé et est classé comme substance cancérogène par le centre international de recherche sur le cancer.

La solution de sécurité : préférez les jouets en bois brut, non-traité, issus de forêts gérées durablement (label FSC ou PEFC).

Les peluches et doudous : allergisants et retardateurs de flamme

L’immense majorité des peluches et des doudous sont aujourd’hui composés de matières synthétiques contenant à la fois des substances allergènes et des RFB (retardateurs de flammes bromés) servant à limiter l’inflammation.

Les RFB sont suspectés d’être des perturbateurs endocriniens et d’être responsables de différents troubles du système nerveux (autisme, troubles du comportement).

La solution de sécurité : préférez des produits en fibres naturelles ou bio, comme ceux labellisés Oeko-Tex. 

Jouets en plastique : festival de phtalates

Le problème avec les phtalates, c’est qu’ils sont très nombreux et impossibles à reconnaître sans analyse chimique.

Le DEHP, le DBP et le BBP, qui ont été recherchés par l’étude de 2018 dont je vous ai parlé, sont des perturbateurs endocriniens ayant une action sur le développement neuronal des enfants, le métabolisme et la fertilité.

On en retrouve jusque dans les canards pour le bain, qui semblent bien inoffensifs !

Le plus simple (je sais c’est difficile) : ne pas acheter de jouets en plastique. Cela concerne également tous les produits gonflables. Si toutefois vous devez acheter un jouet en plastique, vérifiez qu’il porte au minimum la mention « sans PVC » ou « sans phtalate ».

Jouets électroniques : métaux lourds et RFB

Voitures électriques, Game Boys et autres ordinateurs pour enfants contiennent à la fois des RFB – les retardateurs de flamme bromés, et des piles comprenant du cadmium et du mercure.

La solution de sécurité : des jouets électroniques sans piles, à énergie renouvelable ou mécanique.

La cerise sur le gâteau : les colorants

Cette dernière catégorie brasse large. Car les colorants concernent autant les feutres, la pâte à modeler, que les imprimés sur les vêtements de poupées ou les kits de maquillage.

Beaucoup de ces objets contiennent des colorants azoïques, qui deviennent cancérigènes en se dégradant, et sont par-dessus le marché allergènes.

Certains de ces produits contiennent aussi parfois des métaux lourds, comme du baryum ou du plomb.

La solution de sécurité : choisissez des produits avec des colorants naturels, comme des encres végétales, et sans conservateurs. Ils sont reconnaissables, souvent, à leurs écolabels. 

Faites jouer votre bon sens !

Toutes ces précautions peuvent paraître contraignantes.

Mais elles sont plus faciles à mettre en œuvre qu’il n’y paraît. Surtout si on adopte ces quelques réflexes que je partage avec vous :

Reniflez un jouet avant de l’acheter

Si un jouet contient des COV ou des substances chimiques problématiques, il y a de fortes chances pour que vous le sentiez, au sens propre du terme. S’il sent mauvais, ou s’il est trop parfumé (pour masquer justement des substances chimiques), écartez-le immédiatement.

N’achetez pas sur internet (sauf si vous connaissez déjà le produit)

75 % des jouets vendus sur internet ne seraient pas conformes à la réglementation européenne.

Les « pires » viendraient de Chine : les sites chinois proposent des jouets à très bas prix (ce qui est déjà suspect) avec des frais de port offerts. C’est alléchant mais il s’agit de jouets n’ayant le plus souvent passé aucun contrôle et de qualité médiocre.

La fausse bonne idée : les vieux jouets

Je sais qu’il peut paraître écologique d’acheter des jouets d’occasion. Mais la plupart de ces jouets, s’ils ont été fabriqués il y a moins de quinze ans, ont été conçus à une époque où, niveau réglementation, les industriels avaient encore moins de contraintes. Ils sont donc plus susceptibles de contenir des produits toxiques.

Préférez ces labels

Le marquage CE garantit la conformité déclarée à la réglementation européenne. C’est incontournable mais pas suffisant.

L’association WECF a répertorié plusieurs labels de confiance employés par les fabricants de jouets.

Les voici :

GS et Spiel Gut testent les processus de fabrication des jouets en plastique et en bois ; FSC et PEFC garantissent une gestion durable du bois…

Pour la papeterie, les cahiers de coloriage et les feutres, les écolabels NF Environnement et l’Ecolabel européen (la fleur), ainsi que le label Ange Bleu (voir l’image ci-dessus) paraissent fiables.

Pour les tissus (poupées ou peluches), scrutez le label bio européen, garantissant l’utilisation d’un coton bio.

Vous retrouverez un dépliant assez bien conçu sur le sujet par cette association, bien qu’il ait dix ans d’âge.

Plastique, bois : laissez-les dehors (au moins deux jours)

Dernier conseil : si vous achetez malgré tout des produits en plastique ou en bois, laissez-les s’aérer dehors afin que les COV, notamment, puissent se diffuser… ailleurs que directement dans les poumons de vos enfants et les vôtres.


Avec tous ces bons conseils, je vous souhaite de bonnes fêtes et beaucoup de bonheur avec vos enfants/petits-enfants !

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Et de belles poupées en tissu :

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